Lundi 4 décembre 2006
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2006
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Les enfants dont je m'occupe ont tous connu une vie mouvementée. Au-delà des raisons de leur placement, tous ces enfants ont besoin de stabilité c'est-à-dire de personne vers qui ils peuvent se retourner en cas de doutes, de besoin, de soutien. Dans cette perspective, tous les enfants ont un éducateur dit "référent" au sein des services de protection de l'enfance. Cela permet au jeune d'avoir un interlocuteur privilégié pour des questions concernant sa vie, son histoire, son placement. Il sait également qu'en cas de problèmes au sein de l'institution dans laquelle il est placé, une personne fiable existe. Il faut savoir que les employés des services de protection de l'enfance ont le statut de fonctionnaires.
Sur le papier, cette organisation est très intéressante mais la réalité est moins jolie qu'il n'y paraît.
Je m'explique. Il y a sept enfants dans la maison et il y a trois enfants dont je ne connais pas le nom du travailleur social qui le suit. Pour l'un d'eux, cela fait cinq années que je n'ai pas vu, pas eu de contact avec un travailleur social du service de la prtotection de l'enfance. Et personne au sein de ce service ne nous a contacté pour avoir des nouvelles de ce jeune. A l'inverse, pour un autre jeune, ces mêmes travailleurs sociaux se déplacent à trois chaque fois que nous nous réunissons pour parler de cet enfant : un tel déploiement de personel n'est pas nécessaire. Il faut croire que tous les enfants ne doivent pas être protégés de la même manière.
Dans le même ordre d'idée, malgré le statut de fonctionnaire dont il bénéficie, il y des changements de personnel incessants. Cela fait que nous n'avançons pas dans les situations des enfants car nous repartons de zéro : nous devons réexpliquer toute l'histoire du jeune, les objectifs et les projets. Nous nous retrouvons dans une difficulté qui vient s'ajouter à celle que nous rencontrons dans le quotidien. Et les enfants sont également angoissé car ils ne se confient pas de la même manière à ce nouveau travailleur social. Cela ralentit encore un peu plus notre action.
De toute évidence, l'institution reste le seul repère dans la vie de ces enfants quoi qu'en diront certains travailleurs sociaux.
Par bizu67
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Lundi 27 novembre 2006
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2006
13:05
Cela va faire un an que nous travaillons avec D., notre chef de service. Son apport est très intéressant et il a su créer une dynamique dans notre manière d'aborder notre travail. Et cela dans tous les domaines.
Cependant, il y a un aspect de notre manière de travailler qui me gêne. Et cela provient sûrement de notre manière de voir notre travail. Chaque fois que nous montons un projet pour un jeune, il remet toujours en cause les étapes, les modalités de ce projet : pour lui, nous n'allons jamais suffisamment loin dans notre mise en place. Par exemple, pour Lou, nous devons la mener à l'autonomie et nous avons proposer plusieurs aspects pour lesquels cette fille nous semble matûre comme faire son repas toute seule le dimanche - je rappelle que Lou a 17 ans. Pour D. , nous n'allons pas assez loin : il voudrait qu'elle fasse son repas, ses courses et qu'elle planifie tout cela elle-même; et tout cela le plus rapidement possible.
Le point de désaccord se situe justement dans "le plus rapidement possible" : je trouve qu'il veut aller trop vite. Je suis partisan, moi, des changements en douceur, des évolutions lentes afin de voir où se situe les difficultés du jeune et de pouvoir l'accompagner pour les surmonter. De cette manière-là, il n'y a pas de blocages, voire de rejet de la part du jeune.
Je crois aussi que l'évolution lente que je préfére adopter permet au jeune de se saisir, de s'approprier plus facilement son projet et d'en devenir l'acteur, l'initiateur principal. Il ne sent pas que l'adulte cherche à lui imposer quelquchose dont il n'est pas certain de vouloir - ce qui ets le cas de Lou car elle ne compend pas pourquoi nous voulons la préparer à l'autonomie.
Mais pour l'instant, je n'ai pas réussi à faire entendre ma voix
Par bizu67
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Jeudi 16 novembre 2006
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2006
12:59
Bruno est un garçon de bientôt seize ans. Il suit une formation professionnelle : un BEP en climatisation. La semaine dernière, au cours d'un discussion informelle avec Lou, il glisse une pharse anodine : "je ne suis pas sûr d'avoir mon BEP". J'avoue avoir été surpris par cette phrase et lui demande de rester pour me dire ce qu'il entend exactement par là. Il m'annonce que la voie qu'il a choisi n'est pas la bonne; que cette orientation lui a été dictér par une conseillère d'orientation et qu'il l'a écourée; que son premier voeu était un BEP sanitaire et thermique; qu'il voudrait changer de voie. J'avoue avoir été surpris car Bruno avait des stages dans des entreprises d'installation de climatisation et cela semblait lui convenir.
Je décide quand même de voir si il est possible de changer de voie en cours d'année. Le proviseur-adjoint de son lycée me dit que la chose est possible mais que cela serait très difficile car les effectifs de tous les lycées sont complets; que la voie qu'il souhaite prendre est très demander. Je lui demande si le changement d'orientation est possible pour l'année prochaine, qu'il débute un nouveau BEP à la rentrée 2007. Il m'explique que cette option est encore plus difficile à satisfaire car Bruno ne serait pas prioritaire : sont prioritaires les élèves sortant de collège puis les élèves venant de seconde générale pour aller en seconde professionnelle. Seulement après viendrait Bruno. C'est la politique de l'éducation nationale.
Elle considère qu'elle a fait son travail en acceptant les voeux des élèves, ce qui est le cas pour Bastien. Qu'en cas d'échec, seul l'élève est responsable et il n'y a pas de passerelles possibles sauf à être très motivé et bien se vendre.
Malgré ces embûches, je vais essayer de lui faire changer de voie.
Je trouve l'attitude de l'éducation nationale surprenante et je m'explique pourquoi certains jeunes se retrouvent sans formation. Après la troisième, il n'y a plus de droit à l'erreur pour l'enfant. Je me demande donc quel est l'interêt pour un jeune de rester dans une formation qui ne l'interresse plus. Je trouve cette position enore plus difficilement défendable dans la mesure où, aujourd'hui, la vie va plus vite et où je sais que nous exercerons plus d'un métier dans notre vie (pour exemple, j'en suis au troisième). la société demande à ces membres d'être réactif alors que ses Institutions ne le sont pas forcément.
L'attitude de l'éducation nationale me mets dans une situation particulière en plus : je dois permettre aux jeunes de s'épanouir, de respecter ses envies et ses désirs (en particulier en matière d'éducation). Mais comment arriver à concilier le désir de ce jeune et le cloisonnement d'un système comme celui de l'éducation nationale. Si je n'arrive pas à lui faire intégrer son nouveau BEP, que ferais-je de ce jeune? J e me pose la question et pour l'intant je n'ai pas la réponse.
Par bizu67
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Mercredi 15 novembre 2006
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2006
13:02
Depuis deux mois nous formons une nouvelle équipe. Elle se compose de trois éducs et deux maîtresses de maison ainsi qu'un chef de service. Un des éducs est nouvellement diplômé (même promtoion que moi) et débute véritablement sa carrière d'éducateur; l'autre est monitrice-éducatrice et tente le diplôme d'éducateur spécialisé par le biais de la VAE.
Cette description laisserait penser que nous formons une équipe dynamique et entreprenante : ce n'est pas le cas.
Parlons de l'éducatrice : j'ai beaucoup de ressentiments à son égard. En effet, les lauriers du travail collectif que nous fournissons ressurgit sur elle et uniquement sur elle. Cela a tendance à m'irriter : non pas que je veuille ma part de gloire mais je trouve qu'intellectuellement, cela n'est pas honnête. En effet, elle ne cite jamais ces collègues lorsqu'elle parle de son travail. Je trouve cela nul.
Parlons de mon autre collègue : je l'ai connu en formation. C'est un adepte de la réflexion théorique plus que de la pratique. Je le vois bien finir en chef de service voire plus, peut-être même serait-il un bon formateur. Mais sur le terrain... c'est une autre paire de manche. Il essaye de faire de cette maison un lieu de réfléxion de type "cénacle de grands écrivains". Pour lui, le contenu de nos réunions correspond à de la "cuisine". Par "cuisine", il entend l'ensemble des petites règles qui servent à faire fonctionner cette maison. Toujours est-il qu'il ne la maitrise pas, notre cuisine!!!!
Tout cela pour dire qu'au moment d'entrer en fonction, je ne souhaitais pas devenir la personne sur qui repose le fonctionnement de cette maison. Je souhaitais être entouré par une équipe dont les membres se soutiennent; qu'il y ait une solidarité. Malheureusement, je crois que ce voeu restera pieux
Par bizu67
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Lundi 13 novembre 2006
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2006
11:41
Désolé pour cette longue absence mais il y a eu beaucoup d'événements qui m'ont empêché de tenir à jour le blog. Mais je vais essayer d'y remédier le plus rapidement possible. Désolé, encore une fois désolé.
C'est pourquoi je vais démarrer avec la petite blague du mois. Le 1er novembre nous sommes partis en sortie aau parc du BIOSCOPE à Ungersheim. Nous étions accompagnés de Lou et de Camille. Le bioscope est un parc dédié au corps humain. Il y a une expo temporaire intitulé "La cradologie". Cet expo traite des petits riens de la vie qui vous l'empoisonne : comment se fabrique la morve? Comment on rote ou on pète? Comment cela se passe dans votre corps quand vous avez envie de vomir. Tout Plein de petites infos très rigolote.
A la fin de cette expo, vous avez un quizz style "Question pour un Champion". Nous y avons participé. Une des question était la suivante : quel est le nom scientifique donné à "la grosse commission ?" Les concepteurs sont sympathiques car ils vous donnentn quatre propositions. Lou, ma femme et moi-même répondont les selles. Seule Camille s'est trompée : elle a répondu le "popo".
Désolé! Encore une fois, désolé!!!
Par bizu67
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