Jeudi 14 septembre 2006 4 14 /09 /2006 21:51

C'est avec le coeur gros que je débute cet article : on m'a appris le décès de mon grand-père hier. Il est difficile d'exprimer ce que je ressens car je n'arriverai jamais à vous dire ce que représentait cet homme pour moi. C'était un guide, un sage, un espoir, un exemple...Enfin c'était un tout.

Même si je sais que la mort est la fin logique, naturelle de la vie humaine, il restera toujours un goût d'inachever dans cette histoire commune. En effet, notre dernière rencontre a eu lieu il y a trois semaines, à l'enterrement de ma grand-mère, sa femme.

Afin de clore notre histoire commune, je m'inspirerai de Georges Perec. Tout ce qui suivra aura un lien plus ou moins fort avec mon grand-père.

   JE ME SOUVIENS...du grand jardin derrière la maison où j'allais cueillir des fraises, des tomates, de choux, des haricots...

   JE ME SOUVIENS...du cabanon au bout du jardin où se trouvait les clapiers

   JE ME SOUVIENS...des lapins que nous mangieons chaque fois que nous étions invités chez mes grands-parents

   JE ME SOUVIENS...des dimanches matins où je devais regardais l'émission "Le jour du seigneur" à la place de "Téléfoot".

   JE ME SOUVIENS...du tiercé que nous allions jouer en cachette le dimanche matin.

   JE ME SOUVIENS...du whisky sec qu'il buvait à l'apéro au cours des grandes occasions

   JE ME SOUVIENS...des arrangements qu'il avait avec les paysans du coin

   JE ME SOUVIENS...des courses folles dérrière les vaches dans le prés.

   JE ME SOUVIENS...des difficultés que j'avais à suivre mon grand-père quand il courait après les vaches.

   JE ME SOUVIENS...des petits cadeaux qu'il me donnait en cachette de ma grand-mère, des bouteilles de vin, des terrines, des morceaux de gibier

  JE ME SOUVIENS...de sa fidélité aux voitures Peugeot

   JE ME SOUVIENS...

Par bizu67 - Publié dans : bizu67
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Mercredi 13 septembre 2006 3 13 /09 /2006 08:51

Depuis lundi nous accueillons une stagiaire. Cela nous se produit continuellement. En effet, la formation des travailleurs sociaux comporte une part importante sur le terrain. Par exemple, sur les trente mois de formation que j'ai effectué, il y a 16 mois de stage.

Donc depuis lundi, Maryline est parmi nous. Et cela jusqu'au mois de juin, à hauteur de 15 jours de présence par mois. Elle est soumis au même régime qu'un éducateur salarié et subit les mêmes périodes de test et de conflit de pouvoir qu'un éduc titulaire.

Cependant, j'ai cru remarqué qu'elle beneficiait d'un traitement particulier de la part d'un garçon en particulier, de la part de Bernard. En effet, c'est la première qu'il fait la bise à une stagaire au bout de deux jours de présence de cette dernière. Je vais même m'avancer u peu plus en disant que c'est la première fois que je le vois faire des bises à une stagiaire. Il est vrai que Bernard est un "joli garçon" et que la stagiaire a un physique agréable mais je suis quand même surpris.

Enfin tant mieux pour elle si son stage démarre en douceur; tant mieux pour Bernard si cette présence peut l'apaiser; tant mieux pour nous, car il est agréable de travailler dans cette ambiance; tant pis pour mon nouveau collègue qui a démarré il y a une semaine...

Par bizu67 - Publié dans : Foyer
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Mardi 12 septembre 2006 2 12 /09 /2006 21:43

Que celui qui a échappé aux informations qui évoquaient les commémorations du 11 septembre 2001 m'envoie un mail : j'ai besoin de savoir comment il a réussi à échapper à ce déferlement médiatique pour les années à venir. Je n' en veux pas à personne de se souvenir des événements qui se sont déroulés ce jour-là mais je ne comprends pas pourquoi nous devons nous apesantir sans cesse sur ces événements.

Je me suis posé la question de savoir ce qui avait changé ce jour-là dans ma vie. Et les réponses ne sont pas joyeuses. Je me sens moins joyeux d'une manière générale ; c'est lié à la peur de se sentir vulnérable à chaque moment : vous vous promenez dans la rue et un avion, une personne, une voiture peut vous sauter à la figure sans savoir pourquoi.

Ensuite je me méfie des gens qui m'entoure car finalement, ces événements m'ont appris que nous ne connaissons pas asez les gens qui nous entourent. Je me méfie également des religions et me remémore le mot de Malraux "le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas".

Enfin je me méfie des images, des politiques mais les événements d'il y a cinq ans m'ont conforté dans mon idée.

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais la grande mode hier était de demander où ils étaient il y a cinq ans, au moment des crash des deux avions sur les tours. Moi je me souviens que j'étais en réunion dans le foyer où je travaille aujourd'hui. Violaine, une ancienne collègue, est venue nous annoncé qu'un avion avait percuté une tour à New-York et que les autorités américaines avaient conclu à un attentat initié par de musulmans. Quand Violaine nous a annoncé cela, j'ai été pris d'une petite crise de panique; j'ai eu la chair de poule et j'ai pensé que cela marquait le début d'un nouveau conflit mondial armé. Cela n'a duré que quelques secondes mais j'ai eu l'impression que cela avait duré une éternité.

Le soir, ces attentats étaient le sujet de discussion central entre les enfants. Et j'ai eu à nouveau un moment de crise-panique car les enfants ne faisaient que répéter ce qu'ile entendaient. Ils mélangeaient tout : tous les musulmans sont des islamistes fanatiques; les chrétiens sont des bons et les musulmans des mauvais... Ils étaient remplis de préjugés véhiculés par les médias, d'idées préconçues. Je crois que ce soir, ils étaient capable de tuer le premier musulman qui leur passait sous la main. Je pense que ils seraient devenus de bons moutons de Panurge en cas de conflit armé et de propagande. Mais heureusement les choses ne sont pas allées jusque-là.

Par bizu67 - Publié dans : Foyer
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Lundi 11 septembre 2006 1 11 /09 /2006 09:12

Finalement, nous nous sommes alarmés un peu vite : la maman d'Ali est rentrée à son domicile avant la fin du week-end et Ali a pu la rejoindre. J'ai tout de suite prévenu ma collègue pour la rassurer.

Le week-end démarrait bien avec cette nouvelle mais il n'a pas été de tout repos pour l'autre membre de l'équipe. Il ne travaille dans la structure que depuis vendredi le 1er septembre. Petit à petit, je le laisse se débrouiller seul mais les choses ne sont pas simples.

Samedi, il était seul. Ils devaient accompagner les garçons à leur match de foot et s'occuper de Camille. J'étais de repos mais je lui ai dit qu'en cas de soucis, il pouvait me joindre sur le portable. Ce qu'il a fait vers 18h pour me signaler que les deux garçons n'avaient pas voulu revenir du match avec lui. Cela ne m'étonnait guère de leur part.

Camille en profita pour ne pas faire ses services (vaisselle + quelques petits travaux ménagers). Je lui ai dit discrètement qu'elle pourrait se montrer un peu plus sympathique avec son nouvel éduc et finalement, fit ses services. Pendant ce temps, les garçons qui étaient rentrés par eux-mêmes en profitèrent pour se barrer dans le village sans que mon collègue ne le remarque.

Sacrée Soirée!!!

J'explique alors à mon collègue qu'il doit agir au plus vite et s'imposer. S'il ne le fait pas rapidement, il va au devant de situations difficiles. Nous appelons cela la période de test : tous les parents connaissent cette période quand lur bébé va essayer de tirer sur le rideau alors que les parents le lui ont interdit deux fois déjà. Pour nous, c'est pareil sauf que nous avons sept enfants et qu'ils sont plus âgés qu'un bébé donc en âge de comprendre.

Ce qui se joue ici, c'est le pouvoir. Le pouvoir entre un adulte qui doit éduquer un enfant et un enfant qui a une éducation imparfaite, défaillante.

Dans tous les cas, ça risque de devenir dur, dur, dur...

Par bizu67 - Publié dans : Foyer
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Vendredi 8 septembre 2006 5 08 /09 /2006 14:13

Hier soir, nous avons dû chercher Ali à la maison pour le ramener au foyer : nous avons eu un coup de fil d'un de nos partenaires pour nous signaler que la maman d'Ali est hospitalisée depuis mercredi. La maman d'Ali est veuve depuis six mois environ.

Selon notre partenaire, la maman d'Ali risque de ne plus vivre longtemps.

Je ne travaillais pas hier soir; c'est ma collègue qui me l'a annoncée. Et nous avons échangé sur la situation et quelles dispositions nous devions prendre dans l'urgence.

J'ai remarqué chez ma collègue qu'elle ne se sentait pas bien. Je lui demande si cela a un rapport avec la situation d'Ali et elle me répond par l'affirmative : elle trouve que c'est dur pour ce jeune de perdre son père et de risquer de perdre sa mère dans la même année. Je suis d'accord avec elle  : toute personne qui dirait qu'il ne compatit pas avec la peine que peut ressentir Ali est un monstre.

Cependant, et c'est là où c'est dur, et c'est ce qui fait la difficulté de notre métier, nous ne devons pas nous laisser submerger par nos émotions. L'émotion n'est pas toujours bonne conseillère lorsque des choix doivent être faits. Je en fais aucun reproche à ma collègue mais elle n'a pas su trouver la bonne distance dans ce cas-là.

Dans notre secteur, la distance n'est pas uniquement un élément physique qui se mesure; c'est un ensemble d'élément qui nous permet d'être suffisamment proche de la personne afin de comprendre sa demande, son attente; mais qui nouq laisse relativement loin afin de ne pas être submergé par nos émotions. Cette posture diffère dans chaque situation et elle est très difficile à touver.

Toujours est-il que la situation d'Ali n'est pas enviable et que c'est DUR, DUR, DUR...

 

Par bizu67 - Publié dans : Foyer
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