Jeudi 16 novembre 2006

Bruno est un garçon de bientôt seize ans. Il suit une formation professionnelle : un BEP en climatisation. La semaine dernière, au cours d'un discussion informelle avec Lou, il glisse une pharse anodine : "je ne suis pas sûr d'avoir mon BEP". J'avoue avoir été surpris par cette phrase et lui demande de rester pour me dire ce qu'il entend exactement par là. Il m'annonce que la voie qu'il a choisi n'est pas la bonne; que cette orientation lui a été dictér par une conseillère d'orientation et qu'il l'a écourée; que son premier voeu était un BEP sanitaire et thermique; qu'il voudrait changer de voie. J'avoue avoir été surpris car Bruno avait des stages dans des entreprises d'installation de climatisation et cela semblait lui convenir.

Je décide quand même de voir si il est possible de changer de voie en cours d'année. Le proviseur-adjoint de son lycée me dit que la chose est possible mais que cela serait très difficile car les effectifs de tous les lycées sont complets; que la voie qu'il souhaite prendre est très demander. Je lui demande si le changement d'orientation est possible pour l'année prochaine, qu'il débute un nouveau BEP à la rentrée 2007. Il m'explique que cette option est encore plus difficile à satisfaire car Bruno ne serait pas prioritaire : sont prioritaires les élèves sortant de collège puis les élèves venant de seconde générale pour aller en seconde professionnelle. Seulement après viendrait Bruno. C'est la politique de l'éducation nationale.

Elle considère qu'elle a fait son travail en acceptant les voeux des élèves, ce qui est le cas pour Bastien. Qu'en cas d'échec, seul l'élève est responsable et il n'y a pas de passerelles possibles sauf à être très motivé et bien se vendre.

Malgré ces embûches, je vais essayer de lui faire changer de voie.

Je trouve l'attitude de l'éducation nationale surprenante et je m'explique pourquoi certains jeunes se retrouvent sans formation. Après la troisième, il n'y a plus de droit à l'erreur pour l'enfant. Je me demande donc quel est l'interêt pour un jeune de rester dans une formation qui ne l'interresse plus. Je trouve cette position enore plus difficilement défendable dans la mesure où, aujourd'hui, la vie va plus vite et où je sais que nous exercerons plus d'un métier dans notre vie (pour exemple, j'en suis au troisième). la société demande à ces membres d'être réactif alors que ses Institutions ne le sont pas forcément.

L'attitude de l'éducation nationale me mets dans une situation particulière en plus : je dois permettre aux jeunes de s'épanouir, de respecter ses envies et ses désirs (en particulier en matière d'éducation). Mais comment arriver à concilier le désir de ce jeune et le cloisonnement d'un système comme celui de l'éducation nationale. Si je n'arrive pas à lui faire intégrer son nouveau BEP, que ferais-je de ce jeune? J e me pose la question et pour l'intant je n'ai pas la réponse.

par bizu67 publié dans : Foyer
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