Humeur

Jeudi 3 août 2006

En accompagnant ma femme au travail hier, j'écoutai la radio. Le journaliste relatait des faits qui se sont déroulés dans un foyer de Saint-Quentin : une jeune fille s'était fait rouée de coups par cinq autres jeunes filles du même établissement. Elle a été torturée pendant près d'une heure : on a ouvert son front à l'aide d'une pointe de ciseaux; on lui a tailladé le bras à l'aide d'un rasoir; on lui a mis du parfum sur ses plaies et vaporisé du déodorant dans les yeux.

J'avoue avoir été choqué par une telle débauche de violence. D'autant plus que les agresseurs n'ont eu aucun remord devant le magistrat. Ce fait divers m'interroge : comment protéger des jeunes qui ont été victimes de violence alors que l'établissement dans lequel ils sont placés peut être lui-même source de violence?

Je reconnais ne pas avoir de solutions car les professionnels ne peuvent être dérrière chaque gamin. Et malgré notre surveillance, nous ne pourrons jamais éviter ce genre de dérapage ou d'excés.

Cela me fait aussi penser que les grosses structures (celles qui accueillent un nombre important d'enfants) ne sont pas forcément les structures d'accueil adaptées car elles sont une concentration de sources de violences et de frustrations. Je crois qu'il est temps que les professionnels pensent à créer des structures à taille humaine avec une prise en charge plus individualisées ancore que maintenant.

Que va-t-il arriver pour ces jeunes filles?

Pour la victime, c'est la suite du placement avec un suivi psychologique. Et malheureusement, une vie brisée.

Pour les agresseurs, il y aura une condamnation, un placement dans une structure plus stricte. Peut-être la prison. Mais dans tous les cas, elles risquent de ne pas comprendre la portée de leurs gestes. Et à la fin de la sanction, rien ne prouve qu'elles ne recommenceront pas.

Voilà aussi ce que peut produire les foyers

Par bizu67
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Mercredi 23 août 2006

Avant-hier, les journaux télévisés faisaient leurs unes avec la rentrée scolaire. Notre journal écrit régional n'échappait pas à la règle. Toutefois, et pour la première fois, ils ont également parlé des difficultés pour les enfants handicapés d'être scolarisés dans un établissement dit "normal", chose qui est rendu obligatoire depuis la promulgation de la loi de février 2005. La mère d'un enfant handicapé s'est exprimée : elle disait que la loi n'allait rien modifier si un budget n'accompagnait pas cette loi.

Je suis d'accord avec cette loi et cette dame mais je ne peux m'empêcher de penser que si cette dame n'avait pas un enfant handicapé, elle n'en aurait rien à foutre. En effet, comment finance-t-on ce genre de structures? Par les impôts et les cotisations versées à la Sécu. Et de plus en plus, la société demande des comptes sur l'utilisation des deniers publics car chacun ne pense qu'à son porte-monnaie.

Autres aspects qui rentrent en compte : la culture du résultat. Nous vivons dans une société qui ne demande que des résultats et qui jettent en cas de mauvais résultats. Comment voulez-vous que être sûr d'arriver à un résultat avec un humain? Qui suis-je pour affirmer que dans six mois cet enfant handicapé moteur pourra marcher? Pourtant voilà ce que la société et ses décideurs nous demandent.

Enfin je voulais revenir sur la polémique qui s'est déroulée cet été au sujet des tentes fournies au SDF à Paris. Ce qui gêne dans cette histoire n'est pas une question de pollution, de conditions d'hygiène, de troubles à l'ordre public, ... Ce qui gêne, c'est qu'enfin nous voyons la misère dans une société dite civilisée. Qui plus est dans un pays qui est la première destination mondiale pour le tourisme. Quelle belle image!!!!

Par bizu67
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Lundi 28 août 2006

Samedi matin, je découvre un article dans le quotidien régional qui parle des nouveautés pour la rentrée scolaire : parmi les nouveautés apparaît la notation du comportement des élèves au collège. Je dirai qu'il ne s'agit pas d'une nouveauté car, aussi loin que je m'en souvienne, moi-même j'avais une appréciation dans le bulletin à l'école primaire qui concernait mon comportement.

Cette note "permettra de mesurer l'assiduité aux cours de l'élève, voire sa ponctualité et sa volonté à respecter le réglement intérieur. Autrement dit la loi. La note sera attribuée par le chef d'établissement, sur proposition du professeur principal qui est censé consulter ses collègues et après avis du conseiller principal d'éducation" (DNA du 26/08/06)

Questions :

 - Comment va-t-on objectivement noter un élève?

 - Ne risque-t-on pas de fabriquer des enfants stéréotypés qui disent "oui et Amen" à leurs professeurs?

 - Comment un enfant qui est catalogué va faire pour se détacher de la réputation qui lui colle à la peau? (Je pense aux enfants dont je m'occupe qui sont souvent catalogués comme graînes de délinquant)

 - Ne va-t-on pas obtenir le contraire de ce qui était recherché à savoir que les ados se lancent des défis pour savoir qui aura la plus mauvaise note?

Une chose est sûre : la société française tend de plus en plus vers un formatage de ses composantes; au moindre écart, on est exclu. L'Homme n'a plus le droit d'être singulier. Je trouve que cela ressemble de plus en plus à un Etat policier qui restreint la liberté de chacun. Merci le modèle américain. Merci Nicolas

Par bizu67
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